mardi 27 novembre 2012


le trésor du colibri 35

far de blé noir
le far de blé noir est au pays léonard, ce que le kouing aman est à douarnenez.
ma mère était de logonna... elle ne connaissait pas; la famille léon était venue de ploudaniel... pays du far en tous genre.
un jour ma mère voit une poêle sur le feu de cheminée et demande à marie-ange: " tiens, tu fais une omelette!!! je croyais que tu faisais du far!!!"
MA: " mais si... c'est du far à la poêle."
marie-ange, fine cuisinière... comme sont toutes les sœurs léon, ma foi... lui a donc appris "l'art" du far.

aujourd'hui, je parle du "far de blé noir", pour la simple raison que je ne le fais plus aujourd'hui comme ma mère me la appris; je me rappelle, petite fille d'une douzaine d'années, tourner, racler péniblement dans la chaleur de la cocotte, transvaser lourdement la pâte.... c'est pourtant si bon... alors j'ai fait évoluer la recette et la technique.

far de blé noir de mamie
- 250g de farine de blé noir
- 150g de sucre
- 2 œufs
- 1 litre de lait
- du beurre

beurrer un plat allant au four

dans la cocotte, mélanger farine, sucre et œufs;
y ajouter le lait froid et un peu de beurre
mettre sur feu vif... et remuer en raclant fond et côtés pour détacher ce qui est cuit... jusqu'à complète cuisson de la pâte.

verser dans le plat; parsemer de noisettes de beurre... et faites dorer sous le grill.


ma recette de far de blé noir
- 150g de farine blanche
- 150g de farine noire (à savoir qu'il est possible de faire la même avec de l'avoine)
- 150g de sucre
- 2 œufs
- 1 litre de lait
- du beurre

porter le lait à ébullition

pendant ce temps, mélangez les farines, le sucre et les œufs;
y ajouter le lait chaud... puis un bon morceau de beurre

mettre sur le feu, et mélanger en raclant le fond et les bords jusqu'à complète cuisson de la pâte
à couvert, laisser 2mn sur le feu vif........ crrrriiiiinng

parsemez de noisettes de beurre... et mettre à dorer sous le grill


les différences entre ces 2 recettes
- la farine blanche qui apporte de la légèreté... et un goût auquel on est plus habitués.
- le lait chaud qui permet à la pâte de cuire beaucoup plus rapidement... donc plus facilement
- la pâte reste dans la cocotte... elle n'est pas transvasée.


jeudi 15 novembre 2012


le trésor du colibri 34

odorama
les souvenirs... ce ne sont pas seulement des gens, des images et des états d'âmes; on y pensent moins, et sont plus rapidement oubliés, ce sont les odeurs;
le trésor du colibri est pour moi, un travail de l'esprit, de la mémoire; ayant toujours eu des difficultés en la matière, elle est d'autant plus précieuse... et me souvenir des odeurs est un exercice d'autant plus subtil.

le café
certainement la plus ancienne; j'avais une dizaine d'années, et ma mère levée la première préparait le petit-déjeuner; il n'y avait pas de cafetière électrique; le café était passé à la louche... et embaumait d'autant plus la maison.
je me réveillais donc avec l'odeur du café.

jardinage
regroupées sous le même titre, des odeurs que j'affectionne tant...
l'herbe fraichement coupée; limite, je ne mets pas le bac de la tondeuse, pour en sentir l'odeur pendant 2 ou 3 jours.
la terre remuée des taupinières que j'utilise pour rempoter mes fleurs... merci les taupes.
Mme Meilland... c'est une rose pourpre que j'ai planté, il y a 25 ans devant la vieille maison; inutile d'y mettre le nez... à plusieurs mètres, elle embaume.


la ferme
 le maïs ensilé; on peut en détester l'odeur tenace, ou se dire: "un bon plat de miam miam pour mes princesses".
en allant chercher les vaches, ou en avançant le fil... bref, passant près d'un talus... le chèvrefeuille ... quelle senteur délicate!!!
boulette et zizou... ayant fait la sieste dans le ... foin.

le feu
si le feu de bois peut ravir les sensations de nombreuses personnes... perso, l'odeur du feu déclenche en moi, un réflexe d'anté-panique; je dois absolument savoir d'où çà vient, tellement j'ai peur de voir le feu chez moi... et pourtant, çà n'est jamais arrivé... mais je ne suis pas riche, et j'aimerais d'autant moins voir mes quelques biens partir en fumée.

la cuisine
en breton, on dit "lichou"... j'aime les lichouseries... mais, je ne suis pas cordon bleu; çà peut arriver chez moi, mais aussi en passant à pied près d'une maison, le summum étant en rentrant dans une boulangerie pâtisserie, une "somptueuse" odeur de nourriture, que ce soit un plat cuisiné, ou un produit d'excellente qualité réveille en moi, le raffinement des papilles.


l’hôpital
jamais, je n'avais senti cette odeur de produit "aseptisant" avec tant d'ampleur.
4 jours et 6 heures à l’hôpital; 4 jours et 6 heures de cauchemar... un personnel admirable, mais un lit où je ne pouvais me mettre sur le côté, d'où je risquais l'éventration chaque fois que je voulais en descendre ou y monter... mais, il y avait pire encore: l'odeur.
la chambre en était imprégnée; en quelques minutes, la nourriture et les couverts qu'on me donnait s'en imprégnaient... à en perdre l’appétit.
le jour de partir, mon repas de midi était prévu, mais mes affaires ramassées, sortie de la chambre, pour rien au monde je ne voulais y retourner.
à priori, je ne suis pas une personne difficile... j'ai même joué à la patiente modèle... dans l'unique but de rentrer le plus rapidement possible chez moi.

arrivée à lanveur... le paradis... plus cette odeur "pestidentielle"... vite dans la machine à laver, mes vêtements imprégnés...
la veille au soir, élisabeth avait eu la fameuse idée de faire 2 parts supplémentaires de salade de riz... woaw, quel régal.
au goûter, brioche tressée avec confiture de mûres maison... Woaw...
mon lit... retrouvé mon lit... pas de doute, j'étais au paradis.

dimanche 11 novembre 2012


le trésor du colibri 33

saadia
à l'instant, je regardais "chàbada" sur FR2; était invité enrico macias, avec des chanteurs connus ou pas, jeunes ou pas, partageant son dernier album...
lorsqu'il s'est mis à chanter avec khaled, le soleil qui s'échappait de leurs voix associées m'a rappelé les années fac avec saadia, la marocaine.
saadia, 6ième d'une famille de 7 enfants était la seule de la famille à être venue en france, poursuivre ses études après le bac.elle nous parlait de son enfance, de ses frères et sœurs et du soleil marocain qui rendait les enfants moins tristes qu'en france.

le verger du voisin
le voisin avait un verger d'orangers, et devait s'absenter quelques jours de chez lui; il savait la filouterie des gamins du quartier... enfin, euh... peut-être de plus loin aussi... qui venait lui piquer ses oranges.
ayant la plus grande confiance des plus proches, il leur demanda de surveiller, pendant son absence.
... "tu peux compter sur nous!".
ils se sont répartis, grimpés bien cachés dans les arbres, les poches pleines de cailloux... prêts à affronter les intrus; ceci dit, en passant, lichous eux mêmes, ils ne se sont pas gênés... iiiiiiiiiiiiii
et lorsque les "autres" sont arrivés: "à l'atttaaaaaaqquueeee!!!!"
et c'est tout fiers qu'il ont raconté (enfin, juste ce qu'il fallait) au retour du maître des lieux, leur vaillante prouesse.

la sieste
au maroc, normal, l'après-midi d'été, il fait chaud... donc, sieste obligatoire pour les enfants; au lit 13h30... réveil à 16h.
sauf que, ce qu'ils cachaient à la maman, c'est qu'à 13h50, il étaient debout de retour... faire les 400 coups... s'arrangeant pour être au lit de retour vers 15h 40.

les études au lycée
à l'époque, les jeunes marocains parlaient essentiellement l'arabe à la maison et dans les cours de récréation; le roi avait donc établi un partenariat avec la france, embauchant des enseignants français dans les lycées; quelque soit le cours, il était  enseigné dans la langue du professeur, ce qui permettait aux élèves de se familiariser en douceur avec la langue de molière.
pour saadia, l'arrivée en france fût tout de même difficile; alors qu'elle parlait bien le français, elle avait du mal à nous comprendre... enfin, on allait un peu vite.
au niveau de la fac, c'était prévu... une année d'adaptation à la langue pour tout étranger.

l'arrivée en france
arrivée à brest..." woaw, que c'est beau!"... du vert des pelouses, des fleurs qu'elle n'avait jamais vu, aux vitrines des magasins... saadia était émerveillée par tout ce qu'elle voyait...
... pas longtemps, ma foi... le gris des immeubles, les gens qui ne sourient pas, les portes de la cité U qui claquent et se verrouillent, les voitures qui accélèrent, la nuit venue, pour grimper la rue d'à côté....
c'est clair que brest... c'est pas casa blanca.
heureusement, saadia était miss pipelette... et s'est très vite faite des ami(e)s.

décalage horaire... à non! annuel
comme toutes les occasions sont bonnes... chaque année, en décembre, il était hors de question d'oublier l'anniversaire de saadia;
elle était plus âgée que nous, mais pas tant qu'elle le disait: née en 1958, pour compter son âge, elle disait: "58.59.60.61...." et disait donc toujours avoir un an plus que la réalité.

le ramadan
S: "si j'avais été chez moi, je l'aurais fait, comme le reste de la famille... mais, ici, non; en plus en période d'examen, pas question!!!"

habillée "class"
saadia était toujours bien habillée, bien coiffée, talons et tout, et tout... alors que nous, on était habillées en "tous les jours";
de temps en temps, on allait en ville, faire les magasins, acheter un joli vêtement... et elle ne comprenait pas qu'on ait les vêtements pour aller en cours, et les vêtements pour les sorties.
je sais qu'aujourd'hui, le principe peut également sembler étrange aux jeunes, mais c'était comme cela dans les années 80; surtout pour les "non citadins".

l'argent
perso, et comme mes collègues qui étaient en cité U, nous étions boursières; donc, même si nos familles n'étaient pas fortunées, on pouvait tranquillement faire des études supérieures.
saadia avait une petite bourse du maroc; ses parents lui payaient le trajet pour venir en france... mais n'avaient pas idée du prix des choses ici.
saadia était très juste, trop juste, venait rarement au RU, s'alimentait presqu'exclusivement de nouilles... et n"osait pas demander plus à ses parents.
elle avait tout de même la brillante ressource pour mener une vie la plus normale et souriante possible; elle savait qu'elle aurait toujours pu compter sur ses amies.

saadia a aujourd'hui 54 ans... je sais que si on venait à se retrouver, c'est des larmes pleins les yeux... qu'on se jetterait dans les bras.


vendredi 2 novembre 2012


l'ankou

l'ankou est dans la civilisation celte, le messager des morts... il n'est pas méchant, ne fait pas "vraiment" peur, mais parfois, vient avertir lorsque la mort est toute proche.
les personnes averties peuvent l'entrevoir, à la nuit tombée, dans un semblant de clair de lune alternativement caché par l'ombre d'un nuage ou d'un talus emboisé.
il a l'allure d'un squelette revêtu d'une large cape flottant au vent, et couvert d'un large chapeau, tenant une faux et guidant son cheval tout aussi squelettique, celui ci tirant une charrette en bois.
ne l’appelez pas, il ne répondra pas... son simple passage vous fait part d'un bien triste présage.

Fanch, le commis.
fanch était ouvrier agricole; c'était période de ramassage des patates, et pour le remercier de sa laborieuse journée, son patron lui avait dit d'emmener avec lui, un sac de patates à la maison, pour nourrir les siens.
heureux, il s'en va gaiment chez lui... il n'avait juste pas pensé, qu'à la fatigue de la journée, venait s'ajouter le poids du sac.
entendant le bruit d'une charrette, il observe autour de lui... et appelle:
F: " oh!!! s'il vous plait, on va dans la même direction; je peux mettre mon sac dans la charrette ?"
inconnu de l'ombre: pas de réponse...
F: "hey!!! s'il vous plait...."
et l'inconnu disparait... et fanch reprends, son courage à deux mains, pour aller avec sa lourde charge chez lui.

le lendemain il retourne au travail... et apprend la mort de son patron... et c'est là qu'il comprend que l'inconnu de la nuit était...................l'ankou.


jeune médecin
goulven était jeune médecin, tout juste sorti de l'école, prêt à s'installer dans "son" cabinet.
il avait trouvé à reprendre un cabinet dans les montagnes... vous savez, la région de sizun, ou quelque part à peu près là. déjà, la population n'était pas nombreuse... mais on allait chez le médecin que lorsqu'on était à l'article de la mort, alors chez un jeune qu'on ne connait pas!
tout médecin, ayant fait des grandes études, çà donne pas du pain à manger tous les jours. il n'avait pourtant pas envie de retourner chez ses parents; ce fût un aveu de faiblesse.
un soir se promenant sur le menez-hom, il rencontre l'ankou; notre jeune médecin, dans son extrême détresse fût sûrement le seul depuis toujours, avoir pu communiquer avec l'ankou.
après lui avoir raconté sa misère, l'ankou lui explique sa présence au sommet du menez-hom
A: " tu vois les bougies... chacune représente une personne vivante; lorsque celle-ci vacille, c'est que la personne est malade... lorsqu'elle s’éteint, c'est qu'il s’apprête à mourir"
à l'issue de cette conversation, goulven signa un pacte avec l'ankou... celui-ci le préviendrait de toute flamme qui vacillerait...
... ainsi, goulven arrivait au chevet des personnes... juste par le plus grand des hasards, une simple visite de bon voisinage... et, bien entendu leur fournissait la prescription magique qui les guérissait... iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii

ainsi, au fil des mois et des années, il s'est forgé la confiance de la population.


jeudi 18 octobre 2012


j'avais 12 ans, lorsque cathy de loire-atlantique m'a appris cette chanson... et c'est à peu près la seule que j'ai pu retenir en entier depuis;

ne pleure pas chaussette.

ne pleure pas chaussette, tralala lala lala lala
ne pleure pas chaussette, nous te raccommodrons , nous te raccommodrons

avec du fil de laine, tralala lala lala lala
avec du fil de laine, ou du fil de coton, ou du fil de coton

je ne veux pas de laine, tralala lala lala lala
je ne veux pas de laine, encore moins de coton, encore moins de coton

je veux mon ami fil, tralala lala lala lala
je veux mon ami fil, celui qu'est de nylon, celui qu'est de nylon

tu n'auras pas ton fil, tralala lala lala lala
tu n'auras pas ton fil, nous le zigouillerons, nous le zigouillerons

si vous zigouillez fil, tralala lala lala lala
si vous zigouillez fil, zigouillez moi avec, zigouillez moi avec

et l'on zigouilla fil, tralala lala lala lala
et l'on zigouilla fil, et la chaussette avec, et la chaussette avec


sur le bord d'une poubelle, tralala lala lala lala
sur le bord d'une poubelle, les asticots chantaient, les asticots chantaient

ils chantaient les louanges, tralala lala lala lala
ils chantaient les louanges, du fil et d'la chaussette, du fil et d'la chaussette.

mardi 16 octobre 2012


le trésor du colibri 32

avis de tempête
ce matin, 16 octobre, la radio consacrait sa journée aux souvenirs des uns et des autres sur la tempête du 16 octobre 1987; c'est surtout le sud finistère qui fût touché.
si le squivit, en bord de mer, particulièrement venté, on fait peu attention aux coups de tabac... lanveur, plateau haut perché, entouré d'arbres et d'arbres, et encore d'arbres, le calme habituel contraste avec les forts coups de vent.

16 octobre 1987
la nuit, un fort coup de vent avait balayé la région; dans ma maison aux murs épais de pierres, je n'ai rien entendu, dormi comme un loir;

au petit matin, branches, feuilles, tuiles et morceaux d'évérit jonchaient la cour; empressement de voir mes animaux... ouff!!! rien de fâcheux, tout le monde allait bien; juste le vieux toit en tuiles de la grange éventré, quelques trous dans le toit neuf de l'étable... de la bricole.

en cours de matinée, jean-rené le beau-frère, est venu sur son temps de travail, avec la voiture de l'entreprise voir... l'étendu des dégâts; il s'imaginait le vieux toit de l'étable, effondré sur les vaches, celles-ci abimées jusqu'au sang... le carnage... et non!!! en fait, le toit avait pris avec les années, une forme incurvée, qui l'avait protégé comme il n'y avait pas de prise au vent... AAAAAAAAAAAAAA

le plus embêtant fût la coupure de courant... on ne pouvait pas traire les vaches; en attendant une solution ou que le courant revienne, comme on dit, on a "déserré" les vaches, ou plutôt "soulagé", en les trayant à la main, mais quand on n'a pas l'habitude, çà prend du temps; dans l'après-midi, armand et jean-rené ont installé une poulie pour traire au tracteur... installation qui n'a pas servi depuis, mais elle est là, au besoin.

sinon, hervé avait un châtaigner tombé sur la route... et ce qui a fait plaisir à tout le monde fût de voir les 2 "voisins ennemis", hervé et jean-claude, travailler ensemble à débiter le châtaigner pour dégager la route.


10 février 1990
à ce moment là, yannick avait l'âge d'aller à l'école, et nicolas faisait sa 2ième année de PS maternelle; moi, je faisais une formation à lesneven; c'est donc armand qui les amenait à l'école.
pour qu'il puisse le faire, et d'une façon générale prendre le temps de s'en occuper, chaque matin, je faisais un maximum de travail à la ferme, qu'il n'ait plus que traire à faire, lorsqu'il arrive.
ce matin là, le temps était, certes venteux, mais pas plus que d'habitude... j'avais comme chaque matin ouvert la crèche à taureaux pour l'aérer...
... c'est plus tard, dans la matinée, qu'un fort coup de vent, qui n'a duré que quelques secondes... balaya toute la région; je l'ai même senti à lesneven.

le toit de la crèche à taureau, qui était également le toit de la laiterie, s'est intégralement envolé; un voisin est venu aider armand à déplacer les taureaux dans le hangar ( 3 solides gaillards croisés charolaix de 18 mois, tout de même)... et heureusement qu'il a fait beau quelques jours, comme la laiterie était à ciel ouvert; enfin, si il avait fallu, on aurait bien trouvé quelque chose pour protéger l'installation.

au moment du coup de vent, armand envoyait les enfants à l'école... mais la voiture était dans le hangar; et sur le chemin, nicolais s'est ennvvoooolllééé.... comme un parapluie; sur le moment, ce qu'il a trouvé le plus dur est d'avoir sali ses chaussures neuves; sinon, je ne sais pas si c'est suite à ce coup de vent, mais il a longtemps eu peur du vent qui siffle sous la porte ( du garage)... peut être, peut-être pas.

samedi 13 octobre 2012


le trésor du colibri 31

... pleine de gentils fantômes
avec la vente de la maison du squivit, se tourne une page; construite en 1971 par l'entreprise brestoise "louis salou", elle n'a certes pas le charme d'une maison munie de capucines ou de pierres de taille, mais la solidité, la spaciosité et la luminosité rassurantes et équilibrantes à la petite fille de 9-10 ans que j'étais;
j'y étais bien... j'y étais aussi bien dedans que dehors, car de grandes fenêtres y faisaient rentrer le soleil.

le 1er hiver
... pas cool, ma foi...; danielle était, depuis toute petite, sujette aux bronchites; début novembre, une fois de plus malade, ma mère avait pensé bien faire en installant sa chambre dans la maison neuve; celle-ci serait mieux chauffée...c'était encore pire... donc retour de danielle dans la vieille maison;
juste avant noël, on déménage pour de bon... fin janvier, c'est au tour de ma mère, puis moi, puis mon père d'être malades; mon père, 40°c de fièvre, avait du mal à boutonner sa chemise; seules irène et michelle en pension à brest, la semaine, ne sont pas tombées malades.
ma mère, moins malade que mon père, se levait pour faire le travail... jusqu'au moment où elle s'est rendue compte qu'elle allait mieux le soir que le matin, donc après avoir passé la journée dehors;
dans les chambres, il y a des petites trappes, dans les placards, donnant sur les doubles cloisons... l'idée lui fût venue de les ouvrir la nuit... et tout le monde a guéri... ouffffff... en fait, c'était le plâtre tout neuf qui nous rendait malade... un bel été pour aérer la maison, et ce fût bon.

lourdes
 michelle avait une correspondante mexicaine; lourdes, d'une famille de 11 enfants, était malgré tout d'un milieu aisé; le père, ingénieur à la manufacture des tabacs à mexico, lui avait offert, pour ses 17 ans, un voyage en europe, elle qui voulait devenir "interprète".
une très gentille fille, ma foi; on l'avait accueillie 3 semaines de juillet, où l'échange fût simple, naturel et enrichissant entre lourdes et la famille... un très joli souvenir.
suite à son séjour chez nous, elle devait rejoindre une autre correspondante dans l'allier; michelle était partie avec elle... puis, tant qu'à avoir traversé l'atlantique, un p'tit séjour aux pays-bas dans une autre famille.

la pendule
dans la cave, il y avait une "pendule", avec le balancier, qu'on doit remonter tous les jours et qui sonne les quarts d'heure, et qui chante  les heures; pas une grande... elle mesurait environ 70cm;
je ne me rappelle pas de voir le balancier se balancer, mais elle marchait quand même; les heures, elle ne sonnait pas un nombre de coup mais chantait une musique;
elle avait une autre particularité, celle de retarder de 10min chaque jour; chaque matin, à sept heure, une fois remontée, on la mettait à l'heure... qui fait que seuls les gens de la maison connaissaient l'heure exacte à toute heure du jour et de la nuit.
après que je sois partie, elle a cessé de fonctionner pour de bon... fût mis à la place, dans le meuble, une horloge de la bonne dimension... toujours à l'heure... et qu'il n'y avait pas besoin de remonter...

les bugel
c'était une famille de loire-atlantique... jean, denise et cathy; cathy n'était pas la fille de jean... en fait, denise était 2 fois veuve, jean étant son 3ième mari;. ils tenaient une ferme laitière à bouvron.
jean avait par le passé, été éleveur de porcs, et avait vu mon père dans les concours et articles de revues spécialisées... depuis longtemps, il avait eu envie de le rencontrer... et à l'occasion de préparer ses vacances avec sa petite famille, il avait écrit à mon père, si celui-ci consentait à le voir installer quelques jours leur caravane et visiter l'exploitation.
la famille bugel est devenu plus que des invités de passage... de véritables amis, avec qui on a échangé vacances et autres pendant des années.

la 2cv
mon père avait acheté la 2cv, entre michelle et irène, qui travaillaient alors et venaient d'avoir leur permis.
pendant plusieurs années, elle ont travaillé respectivement à plougastel et kerhuon... elles faisaient donc la même route... çà tombait bien.
le soir, lorsqu'elles rentraient du travail, je dévalais les escaliers de la cave, pour leur ouvrir la porte du garage... un jour, pour faire plus vite, j'ai sauté 7 ou 8 marches d'un coup... et paffff!!!! je me suis prise la dalle dans le front;
étendue en bas de l'escalier, j'entendais tout, je voyais un petit angle, mais je ne pouvais bouger... j'entendais mes sœurs, monter les escaliers, sonner à la porte d'entrée et demander: "mais, qu'est-ce qu'elle fout jacqueline???",  mais je ne pouvais bouger... je voyais milou boire le sang qui coulait de mon front, mais je ne pouvais bouger... le temps qu'elles descendent, constatent, m'aident à me relever, petit à petit je reprenais mes esprits.
j'ai toujours la cicatrice sur le front... impossible pour moi, d'oublier.

le boucher
une fois à la retraite, mon père élevait des animaux... poules, dindes, lapins, moutons et cochons biensûr... il approvisionnait la famille et vendait le large surplus... des petits sous pour prendre l’apéro et jouer au tiercé le dimanche matin; cet activité entrainait également un passage régulier à la maison... bref, une vie sociale bien remplie.
un de ses complices, était le boucher; il venait découper le cochon; j'aimais bien, plutôt comique, il était "radio lavoir" à lui tout seul; sinon, comme papy, jamais soul mais ne sachant pas refuser un verre de vin... çà lui avait fait perdre un temps son permis de conduire, pris avec l'alcool au volant de sa R11;
pas grave; il a troqué sa R11 contre une voiturette... et lorsqu'il aurait pu récupérer son permis, çà ne l’intéressait plus, habitué à sa voiturette qui lui convenait tout à fait...
... sauf que... pris avec l'alcool au volant de sa voiturette.... décision du tribunal: "interdiction de conduite de tout véhicule à moteur"!


après le décès de ma mère, mon père qui souffrait de sa hanche qu'on ne voulait plus lui réopérer, vu son âge... avait cessé son petit élevage; la vie ne semblait plus avoir la même saveur... et la grande maison devint   bien calme, bien trop calme, bien trop grande...
... maintenant, elle cherche une famille à abriter... des enfants à s'y amuser... des adultes à bricoler, jardiner, faire des confitures, réveiller de l'odeur du café du matin... et des amis à inviter "à boire un coup dans la cave".